Drôme

La Mauvaise Herbe


La Mauvaise Herbe, journal trimestriel de la Conf' Drôme.

Mais au fait, pourquoi "La Mauvaise Herbe" comme nom de journal ?! Connaissez-vous la chanson de Brassens ?

Gilles Servat, chanteur breton, disait « la langue bretonne est la folle avoine au milieu des épis bien rangés ». Avoir l'insolence de vouloir vivre malgré les contraintes rassurantes de l'ordre établi, fut-il mis en œuvre par les représentants élus de la république. Georges Brassens aussi chanta la Mauvaise Herbe, comme un défi à la morale convenue de tous les bigots de la nouvelle religion baptisée « démocratie ».
Et pour nous paysans, nous savons que lorsque les rumex et autres chardons se mettent à envahir nos champs, ce sont les sols qui n'en peuvent plus d'asphyxie sous les roues des tracteurs de plus en plus lourds.
Alors que le monde actuel est de plus en plus « formaté », nous regardons avec bienveillance toutes ces mauvaises herbes germer et fleurir avec impertinence pour le plus grand désarroi de ceux qui voudraient tout organiser, tout codifier, pour rendre le monde plus « intelligent », c'est-à-dire plus asservi à l'ordre techno-industriel, commercial et financier.


Brassens - La mauvaise herbe par Vega10


Le numéro du mois

n° 136 - décembre 2017
Editorial
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Editorial


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Nous revenons ce dimanche 19 novembre d'une marche de soutien aux éleveurs et de protestation concernant les dégâts d'une meute de loup sévissant dans les environs de Séderon, et qui a rassemblé des centaines de personnes. La manifestation a été organisée par des habitants du village de Ballons, conscients de l'importance de l'élevage pastoral dans leur secteur et sensibles aussi à la souffrance des éleveurs et de leurs animaux. Les visages étaient graves et bien des yeux rougis par les témoignages de certains éleveurs relatant ce qu'ils vivent au quotidien. Un peu d'espoir a été donné par la résolution du parlement européen, votée à la majorité, concernant entre autre la directive habitat et actant le fait que le grand prédateur n'est plus en voie de disparition.
La Conf' est résolument active, et à tous les niveaux, pour que ce ne soient pas les éleveurs qui soient… en voie de disparition. Nous avons aussi à convaincre, à expliquer, à montrer encore et sans cesse qu'élevage industriel et élevage pastoral ce n'est pas la même chose, alors que de nouvelles associations prétextent les excès de l'élevage industriel pour bannir toute forme d'élevage.
Pour certains, leur lutte contre « l'exploitation des animaux » devient l'enjeu majeur, bien plus grave que l'exploitation de leurs frères humains…
Dans l'action syndicale, on a souvent l'impression de crier dans le désert, de semer des graines dans du sable, et puis, parfois sans que l'on s'en aperçoive, une oreille se tend, une pluie non prévue fait germer les graines. J'en veux pour preuve les annonces du président Macron à Rungis le 11 octobre. Lors de son dernier congrès, la Confédération paysanne a décidé de mettre en avant le droit au revenu pour tous les paysannes et les paysans, et que ce droit soit inscrit dans une loi. La pertinence de cette revendication s'est imposée et elle a été mise au centre de son discours fondateur du quinquennat sur l'agriculture. Les tenants de l'immobilisme se sont déjà réunis pour saboter cette orientation légitime et le combat n'est pas encore gagné.
Mais partout dans les campagnes comme à Séderon, quand les ruraux et les paysans s'aideront, les digues de l'immobilisme céderont !
Vincent Delmas, paysan à Salettes

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