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La Mauvaise Herbe


La Mauvaise Herbe, journal trimestriel de la Conf' Drôme.

Mais au fait, pourquoi "La Mauvaise Herbe" comme nom de journal ?! Connaissez-vous la chanson de Brassens ?

Gilles Servat, chanteur breton, disait « la langue bretonne est la folle avoine au milieu des épis bien rangés ». Avoir l'insolence de vouloir vivre malgré les contraintes rassurantes de l'ordre établi, fut-il mis en œuvre par les représentants élus de la république. Georges Brassens aussi chanta la Mauvaise Herbe, comme un défi à la morale convenue de tous les bigots de la nouvelle religion baptisée « démocratie ».
Et pour nous paysans, nous savons que lorsque les rumex et autres chardons se mettent à envahir nos champs, ce sont les sols qui n'en peuvent plus d'asphyxie sous les roues des tracteurs de plus en plus lourds.
Alors que le monde actuel est de plus en plus « formaté », nous regardons avec bienveillance toutes ces mauvaises herbes germer et fleurir avec impertinence pour le plus grand désarroi de ceux qui voudraient tout organiser, tout codifier, pour rendre le monde plus « intelligent », c'est-à-dire plus asservi à l'ordre techno-industriel, commercial et financier.


Brassens - La mauvaise herbe par Vega10


Le numéro du mois

n° 150 - septembre 2021
Editorial
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Editorial

150ème numéro Depuis 36 ans, ça pousse, ça fleurit, ça germe : c'est la Mauvaise Herbe !


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Notre journal syndical est né en 1985 ; « notre syndicat mène des tas de luttes, pourtant ses actions sont peu connues, y compris de ses adhérents » peut on lire dans son premier édito et « c'est pour pallier à ce manque d'informations que l'AG du syndicat a décidé la mise en place de « Informations syndicales ».

Le début des années 1980 nous laisse entrevoir la reconnaissance du pluralisme syndical ce qui permet peu à peu l'affirmation d'une alternative syndicale. Nous avions vécu la censure dans la presse agricole, comme elle était aussi la règle dans les médias... Notre conscience de « travailleur » dépendant de la banque, des firmes agro alimentaires... est affirmée, mais les paysans de notre département « progressistes » sont dispersés dans plusieurs syndicats.

La Confédération paysanne Nationale naît le 29 avril 1987, mais il faudra encore de longs débats pour qu'émerge le syndicat qui fédère toutes les forces syndicales drômoises ! Le journal sera le support de ce débat.

Le titre « La Mauvaise Herbe » fait son apparition en 1999. Je vous invite à réecouter la chanson de Georges Brassens ! Le ton du journal est donné « il y aura de l'humour, du mauvais esprit ! ».

Le terme « agriculture paysanne » s'impose dans les débats et le slogan « trois petites fermes valent mieux qu'une grande » donnera pour longtemps l'orientation du syndicat.

Les années 2000, avec la dénonciation de la mal bouffe, la lutte contre les OGM, élargit le débat et nous faisons le lien avec tous les acteurs de la société : nous rêvons « un autre monde est possible ! ».

Parler du journal ne peut se faire sans parler de ceux qui permettent sa parution : ils sont nombreux. Je voudrais en évoquer deux qui ont marqué le journal : Sarah, secrétaire militante qui depuis sa création jusqu'aux années 2000 a mis toute son énergie au service du syndicat et de son journal, Jean-Louis, par la pertinence de ses analyses, sa détermination et son assiduité a permis la régularité des parutions. Nos encouragements à ceux qui permettent la continuité aujourd'hui !

La tache aujourd'hui paraît encore immense pour le journal : témoigner des expériences de ceux qui inventent, mettent en œuvre une agriculture résiliente, rendre compte des actions menées pour faire exister cette agriculture. Donner la parole à ceux qui agissent dans d'autres lieux mais animés par les mêmes valeurs que celles de la Confédération paysanne.

Avec la crise sanitaire, le capitalisme numérique s'impose pour nous conditionner, nous manipuler, nous avons besoin d'un journal qui laisse place à la réflexion, favorise les liens et qui reflète ce qui nous est vital : prendre soin de la planète, prendre soin des femmes et des hommes qui vivent et agissent dans le monde rural.

 

Guy Perret, ancien paysan à Chantemerle-les-Blés

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