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La Mauvaise Herbe


La Mauvaise Herbe, journal trimestriel de la Conf' Drôme.

Mais au fait, pourquoi "La Mauvaise Herbe" comme nom de journal ?! Connaissez-vous la chanson de Brassens ?

Gilles Servat, chanteur breton, disait « la langue bretonne est la folle avoine au milieu des épis bien rangés ». Avoir l'insolence de vouloir vivre malgré les contraintes rassurantes de l'ordre établi, fut-il mis en œuvre par les représentants élus de la république. Georges Brassens aussi chanta la Mauvaise Herbe, comme un défi à la morale convenue de tous les bigots de la nouvelle religion baptisée « démocratie ».
Et pour nous paysans, nous savons que lorsque les rumex et autres chardons se mettent à envahir nos champs, ce sont les sols qui n'en peuvent plus d'asphyxie sous les roues des tracteurs de plus en plus lourds.
Alors que le monde actuel est de plus en plus « formaté », nous regardons avec bienveillance toutes ces mauvaises herbes germer et fleurir avec impertinence pour le plus grand désarroi de ceux qui voudraient tout organiser, tout codifier, pour rendre le monde plus « intelligent », c'est-à-dire plus asservi à l'ordre techno-industriel, commercial et financier.


Brassens - La mauvaise herbe par Vega10


Le numéro du mois

n° 142 - septembre 2019
Editorial
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Editorial

15 juin 2019 : Chance ou malchance... je ne sais pas…


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En guise d'édito, nous publions ce cri du coeur d'un paysan touché par la grêle du mois juin.

 

On aurait pu penser à une éclipse, tant le ciel était noir. Puis les pains de glaces sont arrivés… à l'horizontal, tant le vent était violent…

Après le déferlement, le calme. Sous la pluie, nous allons observer les cultures avec les enfants.

Tout est haché, même les carottes sont cassées au collet ! L'un d'eux panique à la vue des dégâts, l'autre observe les cadavres de poules et salue tendrement celles qu'il faudra sacrifier.

Pendant 24h, j'étais abasourdi, un peu inerte. Tant de travail déjà effectué, des légumes prêts à récolter, en miettes.

Puis arrivent les messages de soutien… et c'est là que je suis le plus touché ! Cette solidarité s'exprime alors de façon multiforme : des coups de main, une cliente qui pose son stand « cagnotte » pendant deux heures sur le marché, une autre cagnotte en ligne avec des centaines de participants, un projet plus collectif de concert de soutien...

Alors je ne peux m'empêcher de penser aux paysans sinistrés qui ne pratiquent pas la vente directe, et qui se retrouvent peut être un peu seuls face à leur coopérative et leur banquier.

Finalement, cette tempête était un bon prétexte pour me permettre de ressentir les liens qui se sont tissés pendant ces douze dernières années.

Emmener sa production jusqu'à l'assiette, ce n'est pas qu'une façon de mieux « valoriser », c'est aussi avoir la chance de vivre cette interdépendance producteur-consommateur et de donner tout son sens au métier de paysan.

 

Julien Tiberghien, paysan à Chatillon-St-Jean

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