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La Mauvaise Herbe


La Mauvaise Herbe, journal trimestriel de la Conf' Drôme.

Mais au fait, pourquoi "La Mauvaise Herbe" comme nom de journal ?! Connaissez-vous la chanson de Brassens ?

Gilles Servat, chanteur breton, disait « la langue bretonne est la folle avoine au milieu des épis bien rangés ». Avoir l'insolence de vouloir vivre malgré les contraintes rassurantes de l'ordre établi, fut-il mis en œuvre par les représentants élus de la république. Georges Brassens aussi chanta la Mauvaise Herbe, comme un défi à la morale convenue de tous les bigots de la nouvelle religion baptisée « démocratie ».
Et pour nous paysans, nous savons que lorsque les rumex et autres chardons se mettent à envahir nos champs, ce sont les sols qui n'en peuvent plus d'asphyxie sous les roues des tracteurs de plus en plus lourds.
Alors que le monde actuel est de plus en plus « formaté », nous regardons avec bienveillance toutes ces mauvaises herbes germer et fleurir avec impertinence pour le plus grand désarroi de ceux qui voudraient tout organiser, tout codifier, pour rendre le monde plus « intelligent », c'est-à-dire plus asservi à l'ordre techno-industriel, commercial et financier.


Brassens - La mauvaise herbe par Vega10


Le numéro du mois

n° 146 - septembre 2020
Editorial
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Editorial

SI FORT ET SI PETIT


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Des hommes se croyant si forts, si puissants, et pensant dominer la nature, ont mis en place un monstre : une économie ultra libérale mondialisée. La mise en compétition des pays et des peuples a abouti a une spécialisation des économies de ceux-ci entraînant l'explosion des transports internationaux.

Mais un être tout petit, plus petit qu'un grain de sable, un virus, a enrayé cette mécanique si bien huilée, mettant a nu la fragilité de celle-ci.

« Confier à d'autres notre santé, notre alimentation, est une folie » a dit le président, pourtant mécanicien en chef d'un système dont il fut l'ardent promoteur. Ce qui ne l'empêche pas d'appliquer le CETA "à titre expérimental", accord de libre échange avec le Canada que les sénateurs n'ont toujours pas ratifié.

Le monstre ultra libéral est nu, exposant dans cette crise toutes ses faiblesses. Nos propositions, nos analyses, nos revendications et bien sûr nos actions sont et seront des flèches qui l'affaibliront, dégonfleront ses prétentions à ordonner le monde au profit de quelques uns.

Les "premiers de cordée" a dit le mécanicien en chef amèneront la société vers des sommets.

Mais la crise a montré que c'est surtout grâce aux "premiers de corvée" que la société a tenu bon dans cette crise. Infirmiers, éboueurs, chauffeurs, et bien sûr les producteurs de nourriture, nous les paysan-e-s.

Par ailleurs, une autre tendance idéologique : dans une naïveté confondante, certains nous expliquent que tout ce qui vient de la nature est bon et tout ce qui vient de l'Homme est mauvais…

Bon ? un virus du pangolin ?

Bon ? un prédateur opportuniste aimant tuer qui vient saboter nos élevages de plein air ?

J'ai vécu ma première attaque de loup comme un coup de poignard sur la main qui caresse et qui soigne. La nature n'est ni bonne ni mauvaise, n'oublions pas que nous en sommes une petite partie, et que pour l'orienter vers la production alimentaire nous devons obéir à ses lois. Une leçon permanente d'humilité, une leçon de vie qui nous montre que la coopération est plus forte que la compétition.

Et que même tout petits, tous unis, nous serons plus forts que le monstre !

 

Vincent Delmas, paysan à Salettes

 

 

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