Home > La Mauvaise Herbe > n° 147 - décembre 2020
Partager sur :

La Mauvaise Herbe


La Mauvaise Herbe, journal trimestriel de la Conf' Drôme.

Mais au fait, pourquoi "La Mauvaise Herbe" comme nom de journal ?! Connaissez-vous la chanson de Brassens ?

Gilles Servat, chanteur breton, disait « la langue bretonne est la folle avoine au milieu des épis bien rangés ». Avoir l'insolence de vouloir vivre malgré les contraintes rassurantes de l'ordre établi, fut-il mis en œuvre par les représentants élus de la république. Georges Brassens aussi chanta la Mauvaise Herbe, comme un défi à la morale convenue de tous les bigots de la nouvelle religion baptisée « démocratie ».
Et pour nous paysans, nous savons que lorsque les rumex et autres chardons se mettent à envahir nos champs, ce sont les sols qui n'en peuvent plus d'asphyxie sous les roues des tracteurs de plus en plus lourds.
Alors que le monde actuel est de plus en plus « formaté », nous regardons avec bienveillance toutes ces mauvaises herbes germer et fleurir avec impertinence pour le plus grand désarroi de ceux qui voudraient tout organiser, tout codifier, pour rendre le monde plus « intelligent », c'est-à-dire plus asservi à l'ordre techno-industriel, commercial et financier.


Brassens - La mauvaise herbe par Vega10


Le numéro du mois

n° 147 - décembre 2020
Editorial
Sommaire Archives

Editorial


> Télécharger le numéro 147

Etrange cette année 2020 qui nous ballotte entre impuissance, rage, désespérance ! Toutes les forces collectives nationales sont ébranlées, y compris la Conf'. Comment rester motivé quand les seuls liens sont les écrits et les écrans ? Heureusement militer localement, c'est plus simple. Nous continuons à travailler, nous rencontrer et nous avons cette connexion à la terre, aux plantes, aux arbres, aux bêtes. Quelle chance d'être paysanne ! Mais il y a urgence à être en plus grand nombre. Pour cela, deux modes d'action essentiels.

Si nous voulons installer en Agriculture Paysanne, il faut former les porteurs et porteuses de projet. Or la réforme de la formation avec l'obligation de certification professionnelle et l'affaiblissement de Vivea* nous oblige à entrer dans un système imposé sans davantage de moyens. Les Adear* sont en ce moment sur ce front-là, avec le soutien des Conf'.

Si nous voulons installer en Agriculture Paysanne, il faut accompagner les cédants dans la réflexion, dans la transmission à ces candidat.es à l'installation en AP. Les accompagner car il faut être fort, forte, et motivé.e pour résister à la pression du voisin déjà cumulard ou presque.

Nous devons y mettre le paquet en tant que syndicalistes et membres des Adear* car même si nous luttons contre l'artificialisation qui confisque 60 000 hectares par an de terres agricoles, sachons qu'environ 600 000 hectares/an partent à l'agrandissement des fermes ! Les Adear* très sollicitées par les porteurs de projets ont trop peu de temps et de moyens pour s'occuper sur le long terme des cédants. A nous dans le syndicat d'être vigilants, de motiver voisins et élus pour répartir le foncier, trois petites fermes valent mieux qu'une grande, c'est toujours d'actualité !

 

« En même temps » sur un autre front, dans notre monde agricole, nous avons vu surgir la cellule Demeter liant le syndicat agricole majoritaire et la gendarmerie. Cette cellule a pour objectif, avoué ou non, d'interpeler ceux et celles qui remettent en cause le modèle agricole dominant, Faucheurs Volontaires, démonteurs de ferme usine, zadistes, et de criminaliser les formes de militantisme, nouvelles ou non, qui dénoncent et informent.

Et aujourd'hui voilà cette loi « sécurité globale » qui va dans le même sens, avec le même esprit, alors que la répression et les violences policières s'accentuent. Trop c'est trop !

Alors la Confédération paysanne a été partie prenante de l'organisation du rassemblement de samedi 28 novembre, une belle gageure avec une grande diversité de syndicats, associations, collectifs, partis politiques,... Toutes et tous avaient en commun une volonté d'union et de solidarité contre l'inadmissible, contre cette loi qui porte atteinte à nos droits fondamentaux et à nos libertés. Et bon nombre de paysannes et paysans de Drôme et d'Ardèche s'étaient déplacé.es car si nous sommes un syndicat professionnel représentatif agricole, nous défendons le monde paysan mais avec les valeurs de l'Agriculture Paysanne donc en lien avec les citoyennes et les citoyens, notre combat est sociétal !

Christine Riba, paysanne à Cobonne

TROUVEZ UNE CONF'
NOUS CONTACTER Confédération paysanne de la Drôme
C/o Usine Vivante - 24 avenue Adrien Fayolle - 26400 CREST