Home > La Mauvaise Herbe > n° 144 - mars 2020
Partager sur :

La Mauvaise Herbe


La Mauvaise Herbe, journal trimestriel de la Conf' Drôme.

Mais au fait, pourquoi "La Mauvaise Herbe" comme nom de journal ?! Connaissez-vous la chanson de Brassens ?

Gilles Servat, chanteur breton, disait « la langue bretonne est la folle avoine au milieu des épis bien rangés ». Avoir l'insolence de vouloir vivre malgré les contraintes rassurantes de l'ordre établi, fut-il mis en œuvre par les représentants élus de la république. Georges Brassens aussi chanta la Mauvaise Herbe, comme un défi à la morale convenue de tous les bigots de la nouvelle religion baptisée « démocratie ».
Et pour nous paysans, nous savons que lorsque les rumex et autres chardons se mettent à envahir nos champs, ce sont les sols qui n'en peuvent plus d'asphyxie sous les roues des tracteurs de plus en plus lourds.
Alors que le monde actuel est de plus en plus « formaté », nous regardons avec bienveillance toutes ces mauvaises herbes germer et fleurir avec impertinence pour le plus grand désarroi de ceux qui voudraient tout organiser, tout codifier, pour rendre le monde plus « intelligent », c'est-à-dire plus asservi à l'ordre techno-industriel, commercial et financier.


Brassens - La mauvaise herbe par Vega10


Le numéro du mois

n° 144 - mars 2020
Editorial
Sommaire Archives

Editorial

Élections municipales


> Télécharger le numéro 144

Le renouvellement des équipes municipales est peut-être l'occasion de rappeler le rôle central que l'agriculture paysanne doit jouer dans les enjeux écologiques et sociaux présents et futurs.

Les mairies sont à peu près le seul échelon de nos démocraties qui nous permette d'interpeller directement les «décideurs», alors ne nous en privons pas.

Si certaines municipalités, via des projets innovants (fermes municipales, mise à disposition de terres, sauvegarde du foncier, cantines approvisionnées localement...), se sont emparées du sujet, l'agriculture reste souvent oubliée des programmes, les terres agricoles accaparées par les projets d' urbanisation et de «développement économique», la restauration collective confiée à l' agro-industrie, etc.

Bien avant d'être une entité administrative, religieuse ou politique, l'immense majorité de nos communes étaient des communautés paysannes, façonnant le paysage, les coutumes, les mentalités.

Les villes elles-même n'existaient que dans leur relation avec leur campagne proche, pourvoyeuse de denrées et de main d'œuvre.

Il n'aura fallu que quelques décennies de plastique et de gasoil pour bouleverser ce monde, au nom du progrès et de la modernité.

À nous de rappeler que l'agriculture paysanne est bien plus porteuse d'emploi, de lien social, d'identité locale et bien sûr plus respectueuse de son environnement que le modèle industriel imposé depuis plus de cinquante ans.

À nous de rappeler que les valeurs que nous plaçons dans l'idée de progrès sont aux antipodes des logiques prédatrices qui l'accaparent depuis trop longtemps.

Alors pour conclure, je ne peux que suggérer d'aller taper dans le dos de votre tête de liste préférée pour pour lui dire que ça serait le pied de tendre un peu la main aux paysan-ne-s…

 

Vincent Paltera

Paysan à Die

TROUVEZ UNE CONF'
NOUS CONTACTER Confédération paysanne de la Drôme
C/o l'Usine Vivante - 24 avenue Adrien Fayolle - 26400 CREST