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La Mauvaise Herbe


La Mauvaise Herbe, journal trimestriel de la Conf' Drôme.

Mais au fait, pourquoi "La Mauvaise Herbe" comme nom de journal ?! Connaissez-vous la chanson de Brassens ?

Gilles Servat, chanteur breton, disait « la langue bretonne est la folle avoine au milieu des épis bien rangés ». Avoir l'insolence de vouloir vivre malgré les contraintes rassurantes de l'ordre établi, fut-il mis en œuvre par les représentants élus de la république. Georges Brassens aussi chanta la Mauvaise Herbe, comme un défi à la morale convenue de tous les bigots de la nouvelle religion baptisée « démocratie ».
Et pour nous paysans, nous savons que lorsque les rumex et autres chardons se mettent à envahir nos champs, ce sont les sols qui n'en peuvent plus d'asphyxie sous les roues des tracteurs de plus en plus lourds.
Alors que le monde actuel est de plus en plus « formaté », nous regardons avec bienveillance toutes ces mauvaises herbes germer et fleurir avec impertinence pour le plus grand désarroi de ceux qui voudraient tout organiser, tout codifier, pour rendre le monde plus « intelligent », c'est-à-dire plus asservi à l'ordre techno-industriel, commercial et financier.


Brassens - La mauvaise herbe par Vega10


Le numéro du mois

n° 143 - novembre 2019
Editorial
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Editorial

Edito


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Autonomie : un des principes pilier de l'agriculture paysanne. Le dernier épisode de chute de neige « lourde et collante » a pu nous conforter dans la certitude que cette notion est fondamentale en agriculture mais aussi plus largement dans la société, nous sommes dans un système où tout est informatisé, automatisé et notre dépendance est extrême. Sur une aire d'autoroute, lors de cet épisode neigeux, panne électrique : pas de carburant et aucun achat possible car les caisses enregistreuses ne fonctionnaient pas ! Arrêt total de toute activité, alors avec l'habitude d'avoir accès, moyennant finance, à tous les services, beaucoup n'avaient avec eux ni à boire ni à manger et se retrouvaient désemparés dans le hall. Soyons positifs, imaginons que cette situation en aura amené plusieurs à réfléchir à notre incroyable dépendance.

Autonomie a aussi à voir avec la dépendance construite de notre agriculture aux pesticides auxquels beaucoup de paysan.nes se sentent pieds et poings liés, ne voient pas de porte de sortie sans risquer d'y laisser leur revenu. Des alternatives existent et l'une d'elle est l'utilisation de PNPP* - Préparations Naturelles Peu Préoccupantes - formule alambiquée mais qu'il a fallu trouver pour des préparations souvent bien simples comme des tisanes par exemple, afin qu'elles ne restent pas sous la même réglementation que les pesticides les plus toxiques. Un colloque très intéressant organisé par la Conf' et d'autres structures, financé par Ecophyto, a eu lieu à Périgueux mi-novembre. Un retour sera fait prochainement mais nombreux étaient les témoignages de pratiques concluantes. Des financements deviennent vraiment indispensables pour accompagner paysans et paysannes qui se lancent à tester des pratiques plus respectueuses pour leur santé et celle des autres, pour assurer le maintien de leur revenu, et les rendre ainsi plus autonomes !

Autonomie aussi, plus loin, avec la volonté grandissante d'organisations de La Via Campesina en Amérique Latine de pratiquer l'agroécologie mais la situation y est alarmante, avec une montée des droites fascisantes et une terrible répression des leaders syndicaux, y compris paysan.nes. Nous avons eu la chance de voir un documentaire à Die et à Crest suivi d'échanges forts avec une militante de mouvements féministes du monde rural du Brésil, la libération de Lula redonne espoir à beaucoup, des élections s'organisent au Chili et en Argentine, le peuple résiste ! Le contact Conf' / La Via Campesina est permanent et plusieurs rencontres ont et auront lieu cette fin d'année au siège de la Conf' à Bagnolet.

S'il est important - et ça fait du bien - de se rappeler que nous faisons partie des plus de 200 millions de paysans et paysannes adhérant à Via Campesina, n'oublions pas qu'ici, en janvier, nous avons la chance de pouvoir voter pour choisir nos élu.es MSA* et que la Conf' Drôme a des candidat.es dans presque tous les cantons !

Christine RIBA, viticultrice à Cobonne

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