Incendie dans le Diois : face à l'abandon de l'État, la solidarité paysanne se met en place
09.07.2026 -
L'urgence aujourd'hui est bien sûr la protection des personnes, mais il y a aussi urgence pour les paysan·nes et les animaux menacés par les flammes.
Évacuation des fermes, sauvetage des chèvres, des brebis, sauvegarde du matériel agricole, des réserves de foin… sur les communes de Montmaur-en-Diois, de Solaure, de Barsac, de Barnave, d'Aucelon... Aujourd'hui les paysan·nes sont plus qu'impactés, et les conséquences vont être désastreuses, dans tous les cas, avec les pertes des récoltes, des arbres, des vignes, des pâturages…
Mise en place d'un réseau d'entraide
La Confédération paysanne de la Drôme se mobilise pour aider les exploitations menacées par les flammes ou déjà évacuées, en mettant en place un réseau de volontaires qui peuvent aider à trouver du matériel (bétaillère, traite mobile ou autre), des bâtiments et des terrains pour héberger les troupeaux déplacés et les paysan·nes.
Une liste des personnes du réseau à contacter, ainsi qu'un tableau où chacun peut partager en ligne ses besoins ou ses offres est disponible ci-dessous. Les offres et l'aide ne se limitent pas à la Confédération paysanne mais concernent bien sûr tous les paysan·nes. Personne ne doit rester seul face à cette situation.
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Fanny Christophe (éleveuse à Menglon) : 06 75 22 01 54
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Margot Jobbé duval et Christophe Morantin (éleveurs et maraîchers à Glandage) : 04 75 21 02 74
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Marie-Pascale Abel-Coindoz (éleveuse à côté de Saillans) : 06 26 37 15 20
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Sylvie Taurinya (paysanne à Barsac) : 06 51 32 71 02
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Julie Meurant (éleveuse à Mirabel-et-Blacons) : 06 74 68 32 47
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Tableau partagé : https://lite.framacalc.org/incendie-die-drome2026-am98
La Confédération paysanne de la Drôme appelle également tous les agriculteurs qui le peuvent, s'ils ne le font pas déjà, à fournir des denrées alimentaires pour soutenir les populations déplacées, les pompiers et tous les volontaires.
On a sacrifié le Diois… par manque de moyens
Voir ces hectares brûler réveille aussi notre colère face aux responsables de ce désastre.
Le Diois et ses habitant·es ont été abandonnés faute de moyens aériens suffisants. Il est évident que l'absence des canadairs a interdit aux pompiers de maîtriser l'incendie les 5 et 6 juillet. Certes, la priorité est bien sûr de protéger les personnes touchées dans le sud de la France.
S'il a fallu faire ce choix, c'est à cause du manque flagrant de moyens, et d'anticipation du gouvernement. « Qui aurait pu prédire » que des coupes dans le budget de la sécurité civile aboutiraient si rapidement à ce type de sacrifice ? Personne n'a donc alerté ce gouvernement des risques accrus d'incendie dans un contexte de dérèglement climatique ? Les experts du GIEC* n'ont-ils rien publié ? Joëlle ZASK n'avait-elle pas témoigné de ce risque dans les médias à l'occasion de chaque Méga feu (Quand la forêt brûle : 2019) ?
Gouverner c'est prévoir, ce gouvernement n'a rien prévu. Il n'a fait que gérer ses intérêts, sans vision, sans projet pour nous, sans projet pour adapter nos territoires au dérèglement climatique. Quelle indignité !
Cette impréparation est aujourd'hui criminelle : en laissant les feux s'étendre, on risque la vie des personnes, des animaux, on détruit des fermes, des forêts, on tue la faune sauvage…
Sans parler de l'organisation : ce qui se passe sur le terrain est une honte ! Les pompiers, les armées sont pris en charge par les locaux ! Tout est désorganisé au possible et le feu continue d'avancer !… L'État doit prendre ses responsabilités !
Les choix politiques et l'inaction climatiques responsables
Ce désastre n'est pas uniquement dû au manque de moyens, mais bien à l'inaction face au changement climatique, ou plutôt l'action délétère, à la fois des politiques, des grands groupes, des riches et ultrariches… (la liste est longue). Les canicules qui s'enchaînent, le manque d'eau, le réchauffement global, tout cela participe à la multiplication des incendies, et menace directement les agriculteurs, les exploitations, les citoyens, la vie.
Ce ne sont pas la chaleur ou le feu qui vont nous tuer, mais la faim. Car lorsque les fermes auront brûlé, que les terres seront asséchées, l'eau accaparée, les paysan·nes disparus, qui nourrira les gens ?
Les revendications de la Confédération paysanne de la Drôme
Une aide d'urgence doit être déclenchée au plus vite pour compenser les pertes de fond et penser la reconstruction. Cette aide est d'autant plus importante que les incendies ne sont pas considérés comme calamités agricoles. La Confédération paysanne insiste pour qu'aucun paysan ne soit oublié quel que soit son statut ou sa production. Qu'adviendra-t-il des paysan·nes non assurés contre les pertes de récoltes ou dont les productions sont non assurables ? Quant aux autres, ils se retrouvent seuls face à leurs assureurs pour faire reconnaître leurs sinistres.
La Confédération paysanne appelle tout spécialement à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour maintenir et développer le pastoralisme, aujourd'hui et dans les années à venir. Par son action de débroussaillage, il offre un formidable pare-feu naturel.
L'incendie se trouve dans la zone d'appellation Clairette de Die : les viticulteurs, déjà profondément en crise, sont aussi victimes du feu. Ils ne doivent pas être laissés de côté.
Contacts :
- Vincent Paltera, co-porte-parole de la Confédération paysanne 26, éleveur et viticulteur à Die : 06 70 44 28 68
- Marie-Pascale Abel-Coindoz, co-secrétaire de la Confédération paysanne 26, éleveuse à Aubenasson : 06 26 37 15 20
- Christophe Morantin, membre du Comité national de la Confédération paysanne 26, éleveur à Glandage : 04 75 21 02 74
- David Millet, paysan à Menglon : 07 80 33 97 84
Rappel des événements :
Le méga feu du Diois s'est déclenché le jeudi 2 juillet (et même plus tôt, avant d'être éteint et de repartir) dans des conditions météo extrêmes en termes de chaleur et de vitesse de vent.
Après une première intervention efficace et bien proportionnée (4 canadairs, 1 hélico et 300 pompiers), 110 ha « seulement » sont partis en fumée. Le feu semblait alors pouvoir être maîtrisé.
Dès le dimanche 5 juillet, il a pourtant repris sa progression et à la fin d'une journée très ventée, 350 ha étaient partis en fumée. Les Canadairs ont été redirigés sur un des 39 incendies qui sévissent simultanément dans le sud la France.
Le lundi 6 juillet est une journée noire, en dépit de l'action de 2 hélicos et d'un avion chargé de retardant, le feu est devenu incontrôlable, il s'est scindé en 2 et couvre une surface de 1000ha.
Le mardi 7 juillet, 300 pompiers sont engagés, 2000 ha sont partis en fumée et bientôt 600 pompiers seront mobilisés.
Jeudi 9 juillet, 3000 ha sont touchés. 4 Canadairs arrivent.








