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La Mauvaise Herbe


La Mauvaise Herbe, journal trimestriel de la Conf' Drôme.

Mais au fait, pourquoi "La Mauvaise Herbe" comme nom de journal ?! Connaissez-vous la chanson de Brassens ?

Gilles Servat, chanteur breton, disait « la langue bretonne est la folle avoine au milieu des épis bien rangés ». Avoir l'insolence de vouloir vivre malgré les contraintes rassurantes de l'ordre établi, fut-il mis en œuvre par les représentants élus de la république. Georges Brassens aussi chanta la Mauvaise Herbe, comme un défi à la morale convenue de tous les bigots de la nouvelle religion baptisée « démocratie ».
Et pour nous paysans, nous savons que lorsque les rumex et autres chardons se mettent à envahir nos champs, ce sont les sols qui n'en peuvent plus d'asphyxie sous les roues des tracteurs de plus en plus lourds.
Alors que le monde actuel est de plus en plus « formaté », nous regardons avec bienveillance toutes ces mauvaises herbes germer et fleurir avec impertinence pour le plus grand désarroi de ceux qui voudraient tout organiser, tout codifier, pour rendre le monde plus « intelligent », c'est-à-dire plus asservi à l'ordre techno-industriel, commercial et financier.


Brassens - La mauvaise herbe par Vega10

 

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Le numéro du mois

n° 165 - juin 2025
Editorial
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Editorial

Loi Duplomb : la grosse artillerie contre l’agriculture paysanne est en marche


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Une loi appelée aussi entraves, lever les entraves, une loi sensée apporter une réponse à la crise agricole, réclamée à corps et à cris par les syndicats dits majoritaires qui ont déployé leurs moyens pour faire pression sur les députés. Sur la ministre de l'agriculture, pas besoin de mettre la pression, elle leur obéit.

LEVER LES ENTRAVES à l'agriculture industrielle par la réintroductions de pesticides indispensables aux monocultures de betteraves, noisettes, et qui vont encore accélérer la disparition des insectes, même ceux utiles aux cultures, et les oiseaux qui s'en nourrissent. Et les abeilles seront priées d'éviter les zones empoisonnées.

LEVER LES ENTRAVES à l'agriculture industrielle en facilitant l'installation de bâtiments où les bêtes engraissent loin des regards, loin des prairies, en avalant ce que l'industrie a préparé pour ces animaux considérés comme du minerai.

LEVER LES ENTRAVES à la privatisation de l'eau pour ceux qui foncent tête baissée dans le productivisme, le rendement pour seul horizon, horizon qu'ils contemplent du haut de leur mégabassines, et pour qui le mot partage est un gros mot.

LEVER LES ENTRAVES à l'agriculture industrielle en mettant l'ANSES* sous tutelle, une agence de plusieurs centaines de scientifiques qui protège la santé des travailleur·ses de la terre et des citoyens, mais aussi qui veille à la santé des milieux naturels et donc de la qualité de l'eau.

J'étais présent il y a deux ans à une réunion où le trésorier de la FNSEA* faisait déjà cette demande à quatre ministres, sous l'impératif de : « on ne peut plus produire dans ce pays ! »

RIEN dans cette loi sur le revenu, alors que pour nous à la Confédération paysanne c'est le sujet majeur des colères paysannes. Sans revenus, comment vivre, installer, transmettre, et tout simplement dormir en paix et être heureux dans son métier ?

RIEN dans cette loi sur le foncier, alors qu'il est un sujet majeur, pour l'installation et pour celles et ceux qui voient disparaître leurs terres nourricières sous les chenilles des bulldozers.

RIEN dans cette loi sur la régulation des marchés agricoles, des importations, toujours la concurrence libre et non faussée, et que le plus fort gagne.

Nous ne les laisserons pas faire ! Car les attaques contre l'agriculture paysanne ne s'arrêtent pas là ! Abandon des mesures favorables au climat, suppression de la loi zéro artificialisation nette, reprise du chantier de l'A69, attaques en tout genre contre la bio… les dingues nous gouvernent !

La raison et la cohérence sont de notre coté, deux alliées de poids qu'il suffit juste de montrer, et les explications précéderons les actions !

Vincent Delmas, paysan à Salettes
Co-porte-parole de la Conf' Drôme

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