La Mauvaise Herbe
La Mauvaise Herbe, journal trimestriel de la Conf' Drôme.Mais au fait, pourquoi "La Mauvaise Herbe" comme nom de journal ?! Connaissez-vous la chanson de Brassens ?
Gilles Servat, chanteur breton, disait « la langue bretonne est la folle avoine au milieu des épis bien rangés ». Avoir l'insolence de vouloir vivre malgré les contraintes rassurantes de l'ordre établi, fut-il mis en œuvre par les représentants élus de la république. Georges Brassens aussi chanta la Mauvaise Herbe, comme un défi à la morale convenue de tous les bigots de la nouvelle religion baptisée « démocratie ».
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EditorialJusqu’où iront-ils ?> Télécharger le numéro 169
Jusqu'où iront-ils ? C'est là question que je me pose tous les matins en écoutant les infos. Il y a d'abord cette « loi d'urgence agricole ». Au vu des propositions, on se rend vite compte que le but de la loi, c'est en fait d'envoyer directement les agriculteurs aux urgences (et les citoyens, et la biodiversité avec…). Dans le projet de loi adopté par l'Assemblée nationale, il y avait déjà de quoi être atterré, notamment par les mesures sur l'eau : les députés ont voté plusieurs reculs sur la consultation du public, la préservation des zones humides, la protection des zones de captage, la démocratie dans la prise de décision… Dès que cette loi est arrivée au Sénat, elle a aussitôt réveillé les trois sénateurs Duplomb, Menonville et Cuypers. Je les appelle les trois mousTIQUaires : un peu comme trois mousquetaires, mais avec l'obsession de flinguer tous les insectes à coup de néonicotinoïdes… Nos trois Moustiquaires ont bien sûr décidé que l'urgence était d'aller encore plus loin dans la bêtise, avec encore moins de protection et de partage des ressources en eau, la réintroduction de certains néonicotinoïdes, acétamipride en tête… On rirait presque de propositions aussi affligeantes si ce n'était pas aussi grave. Il doit y avoir un concours pour qui adoptera les mesures les plus débiles, dangereuses et contre productives, et le parlement européen n'a pas voulu être en reste : il vient d'approuver la déréglementation des OGM-NTG, qui exempte ces derniers de toutes les obligations qui réglementent la dissémination des plantes OGM en Europe. Comment peut-on être aussi déconnecté des demandes de la société ? Et si c'était la canicule qui avait grillé les quelques neurones encore présents chez les parlementaires européens ? Leur cerveau a en réalité disparu sous l'action des lobbys : ils ont été « lobbytomisés »…
Au début de cet édito, je posais la question « Jusqu'où iront-ils ? ». Mais la véritable question c'est : jusqu'où irons-nous ? Jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour défendre notre métier de paysan, et plus généralement nos concitoyens et la vie tout simplement ? Il est plus que temps de nous regrouper, de réfléchir et d'agir ensemble, pour montrer aux « moustiquaires », aux « lobbytomisés » et autres fossoyeurs de l'agriculture et du vivant que nous ne nous laissons pas faire. Quoi de mieux d'ailleurs pour se mobiliser, se motiver, et réenchanter nos luttes que des discussions passionnées, des rencontres et un concert de HK ? Rendez-vous à la fête de la Confédération paysanne et de l'Adear* Drome le samedi 19 septembre ! Comme le dit si bien HK : « Nous on veut continuer à danser encore » … J'ajouterais semer, planter, élever et rêver encore… Mais on ne va pas se contenter de vouloir, on va le faire ! Alain Sousa, maraîcher à Chateauneuf-sur-Isère |









