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INDUSTRIALISATION
09.04.2019

Poulailler industriel à Valréas : lettre ouverte des Conf' de la Drôme et du Vaucluse au préfet

Dans un courrier au préfet du Vaucluse, les Confédérations paysannes 26 et 84 rappellent les nuisances de l'élevage industriel et apportent leur soutien aux habitants de Valréas opposés à l’implantation de la ferme usine des 29990 poules.

Nous vous prions, Monsieur le Préfet, de reconsidérer le dossier du poulailler géant de Valréas.

Les Confédérations paysannes du Vaucluse et de la Drôme apportent leur soutien aux habitants de Valréas opposés à l'implantation de la ferme usine des 29 990 poules.

Nous sommes attachés à l'agriculture paysanne et soutenons des fermes à taille humaine, en lien avec le territoire et créatrices d'emplois.

Ce projet comporte des nuisances multiples pour l'environnement, pour l'attractivité touristique du territoire, pour la qualité de vie des habitants et pour l'économie agricole locale.

Ce poulailler industriel entre en contradiction avec l'engagement du territoire en faveur d'une agriculture respectueuse des paysages et de l'environnement.

Le site identifié occupe du foncier inconstructible (article L.111-3 Code de l'urbanisme) et impliquerait d'arracher 5,8 hectares de vignes en Appellation Côtes du Rhône Villages, et 3,7 hectares de lavandin qui sont deux cultures parfaitement adaptées aux caractéristiques du terrain caillouteux aride. Or la commune de Valréas mise sur ses paysages et les produits emblématiques tels que les vins en AOC* Valréas Villages, la lavande et la truffe noire pour valoriser son territoire. Elle s'est impliquée dans la création de chemins de randonnée tels que le « Circuit des Bornes papales », qui passe à proximité du site de Saint Pierre et a signé la Charte paysagère environnementale des Côtes du Rhône, lancée par le Syndicat Général des CDR.

Dans ce contexte, un poulailler de cette envergure entraînera des nuisances pour les habitants comme pour les visiteurs : bruit, odeur, forte concentration de mouches, passages fréquents de camions pour la ramasse et la livraison de l'aliment. Mais plus grave, il comporte des risques sanitaires et environnementaux qu'il faut prendre en considération : dissémination des insecticides contre les mouches dans l'environnement - avec un impact sur le taux de mortalité des abeilles, pollution des eaux de surface et de la nappe phréatique par l'accumulation des fientes et rejet de poussières chargées en pathogènes dans l'atmosphère. Par ailleurs, la concentration des animaux et la multiplication des flux générés par ces élevages intensifs augmentent les risques d'épidémies telles que la grippe aviaire et contaminations aux salmonelle de triste mémoire. Car c'est bien d'un « élevage en batterie » dont il est question. La dénomination « plein air » n'est qu'un argument de vente. Dans les faits, 30 000 poules ensemble restent confinées à l'intérieur du bâtiment (à raison de 12 poules / m²). Seules 10% s'aventurent aux abords du poulailler en l'absence d'ombrage protecteur (les poules craignent les rapaces). Ce projet agricole menace donc l'existence des petits élevages locaux sur le plan sanitaire, en plus de la concurrence économique qu'il exercera à leur encontre.

Une exploitation de 30 000 poules prend la place de 10 fermes de 3 000 poules !

Aujourd'hui, les consommateurs, en quête de qualité et soucieux des conditions de vie des animaux, soutiennent massivement la politique actuelle de relocalisation de l'agriculture alors que ce cheptel sera nourri majoritairement de produits d'importation.

Pour toutes ces raisons, il nous paraît indispensable de reconsidérer ce projet de poulailler industriel et d'en étudier plus sérieusement les impacts. Les externalités négatives sont telles, pour le territoire, qu'il nous semble inconcevable de le voir mis en œuvre sans enquête publique préalable.

Nous vous remercions de l'attention que vous porterez à notre requête.

Recevez, Monsieur le Préfet, les salutations distinguées des Confédérations paysannes de la Drôme et du Vaucluse réunies au chevet de Saint Pierre, ce site préservé de l'Enclave des Papes, en lisière des deux départements et des deux régions.


 


 

Vincent DELMAS, Porte-parole

Confédération paysanne de la Drôme

Hélène BERTRAND, Porte-parole

Confédération paysanne de Vaucluse

 

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